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Présenté lors des journées "Muséologie et musique", premières rencontres organisées par le musée de la musique, cité de la musique, 15-17 octobre 1997
Copyright © Ircam - Centre Georges-Pompidou 1997
L'Ircam est constitué de quatre pôles principaux: recherche scientifique, dans les domaines de l'acoustique instrumentale, de l'acoustique des salles, de la psycho-acoustique, des représentations musicales ainsi que de l'analyse et de la synthèse sonores; création et production musicales où l'on accueille des compositeurs confirmés ou des jeunes talents; pédagogie qui propose toute une série de formations doctorales, ou plus courtes, de niveaux différents; la Médiathèque, ouverte au public depuis juin 1996, regroupant les fonds documentaires (monographies, partitions, périodiques...) de l'ancienne bibliothèque, ainsi que des nouveaux fonds numériques (textes, photos, archives audio de l'Ircam, CD du commerce, vidéos, et CD-Roms).
Depuis 1976, date de sa fondation, l'Ircam effectue un enregistrement systématique de tous les concerts, manifestations, débats, colloques qu'il organise. Ces enregistrements sont effectués par les équipes des ingénieurs du département de production musicale de l'Ircam. Les supports utilisés pour ces enregistrements dépendent de la date de l'événement: bandes diverses de type analogique et numérique. Cela représente un volume de plus de 1100 heures réparties sur environ 2000 bandes. Le projet de mise en place de la Médiathèque a été à l'origine de la reprise de ces archives, l'Ircam étant arrivé à un accord lui en autorisant la diffusion dans la Médiathèque. Cet accord stipule que le lecteur ne doit pas avoir accès au support physique (disque).
Deux raisons principales ont motivé la reprise des archives sonores: leur pérénisation (dégradation des bandes, formats obsolescents), et la mise au point d'un accès direct à l'écoute. Cela a nécessité plusieurs choix technologiques. D'abord le choix d'un support et d'un format de stockage; ensuite, un protocole pour la diffusion à l'intérieur de la médiathèque et enfin un matériel de restitution qui assure une bonne qualité d'écoute.
Pour le stockage, on a ainsi spécifié un CD mixte, structuré de la façon suivante : la première piste est de type CD-Rom et comprend des informations textuelles sur le reste du CD, composé de pistes audio. Ces informations contiennent une description de l'événement sonore : son intitulé, sa date, le nom du chef d'orchestre et de l'orchestre (s'il s'agit d'un concert ). Ensuite, piste par piste, on détaille chaque oeuvre: titre, compositeur, durée, interprètes. Ces informations sont structurées et peuvent être relues informatiquement lors de l'écoute. Cela évite d'avoir à étiqueter chaque CD ou de le marquer et permet ainsi d'allonger la durée de vie potentielle du CD. (on ne sait pas trop comment évoluera une colle ou une encre sur un CD au bout de 5 ou 10 ans).Les pistes audio qui constituent le reste du CD peuvent être écoutées à l'aide du lecteur de CD-Rom d'un ordinateur ou d'une platine audio " classique ".
Pour la diffusion, on a choisi le format MPEG I layer 2 audio, qui permet une compression des données et une diminution du volume d'informations stocké et diffusé sur le réseau informatique de la Médiathèque, sans perte perceptible de qualité sonore. MPEG est une norme de plus en plus utilisée, notamment dans le monde de la télévision et de la radio numérique.
Enfin, la restitution est effectuée au moyen de cartes Digigram (cartes son de décompression de fichiers MPEG, avec une sortie audio), et des casques Sennheiser de bonne qualité.
La chaîne de traitement des archives![]()
Figure 1: Choix technologiques
On part de la bande. Il faut en effectuer une lecture afin de transférer le signal sonore vers le disque dur d'un ordinateur équipé d'une carte d'acquisition. Si la bande est de type analogique, on numérise le signal, si elle est de type numérique, on reste en numérique en effectuant juste un transcodage du signal.
Ensuite, il faut procéder à un nettoyage des fichiers, découper la bande par oeuvres, enlever les blancs, raccoucir les applaudissements, etc. Puis, il faut saisir les informations textuelles qui vont être écrites sur la première piste du CD, et enfin graver deux CD : un pour l'archivage, un pour la Médiathèque. ç la Médiathèque, on récupère le contenu du CD sur le disque dur du serveur multimédia et on effectue la compression des fichiers audio en MPEG. On effectue une vérification de la qualité sonore sur une partie des fichiers. Enfin, on intégre dans les catalogues en ligne les données textuelles qui référencent l'archive, qui est alors disponible à l'écoute depuis tous les postes informatiques de la Médiathèque.
Une heure de son nécessite environ cinq heures de traitement par deux personnes différentes.
Plusieurs moyens s'offrent au public pour accéder à l'écoute de ces archives1. Le lecteur peut, par exemple, effectuer une recherche au travers du catalogue, ici une recherche de l'oeuvre Antara, par Georges Benjamin. Une icône cliquable permet d'accéder à une biographie du compositeur. En lisant la biographie, on peut constater qu'une de ses oeuvres s'appelle Antara. C'est peut-être celle-ci qu'il voulait écouter. S'il clique sur Antara il obtient une notice explicative sur l'oeuvre avec l'effectif. On peut même aujourd'hui faire une recherche par effectif. Ainsi il obtient la liste des enregistrements disponibles pour cette oeuvre. Il accède aux archives sonores de l'Ircam et à des CD du commerce (installés dans des juke-boxes). Le lecteur peut donc choisir la version qu'il souhaite écouter. En cliquant, un lecteur de CD " virtuel " apparaît à l'écran avec toutes les fonctionnalités d'une platine audio, lui permettant de piloter son écoute.![]()
Figure 2: La chaîne de traitement des archives sonores
Références:
1 - Michel Fingerhut, "Le multimédia dans la bibliothèque", Culture et recherche n° 61, février 1997
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