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Serveur © IRCAM - CENTRE POMPIDOU
1996-2003. |
Michel Fingerhut
Journée d’étude du 20 juin 2002 sur le thème
« Bibliothèques et musique » organisé par l’Association des
bibliothécaires français
Copyright © Ircam - Centre Pompidou 2002
Ce texte est reproduit ici avec l’autorisation de l’ABF.
La Médiathèque de l'Ircam vise à mettre à la disposition du public des fonds consacrés principalement à la musique contemporaine et aux sciences et techniques connexes. L'environnement - physique, informatique – est destiné à fournir un accès simultané et intégré à des documents de nature diverse : monographies, périodiques, partitions sur support papier et en accès libre; archives d'enregistrements inédits, disques compacts du commerce, cédéroms, films, bases de données documentaires, documents multimédia (analyses musicales, objets pédagogiques, sites Web)... disponibles sur des postes de consultation banalisés.
La mise à disposition du public des archives inédites et des autres documents musicaux a pu se faire dans le cadre d'accords établis avec la Spedidam et la Sacem, et avec la mise en place de mécanismes assurant que :
· ces documents ne seraient accessibles qu'à l'intérieur de la Médiathèque ;
· les lecteurs n'auraient pas accès à leur support physique (disque, bande...) et ne pourraient en effectuer des enregistrements.
Ces exigences ont contribué aux choix techniques de numérisation de tous les contenus autres que ceux sur support papier, et de développement d'un système original (à l'époque : 1995) de diffusion de disques compacts à partir de jukeboxes reliés à un serveur central.
Le système documentaire conçu à l'Ircam en 1995 (et développé régulièrement depuis) avait pour but de satisfaire aux exigences suivantes :
· La mise en place d'un catalogue aux normes professionnelles, permettant la localisation, la consultation et le prêt des ouvrages physiques, mais aussi l'accès aux documents numériques. Le choix s'est fixé sur Unimarc pour les notices, avec l'utilisation du champ adéquat[1] pour établir un lien vers la version numérique du document.
· La numérisation des archives sonores de l'Ircam en vue de leur conservation et de leur diffusion en ligne, avec une qualité de restitution optimale. Ces documents sont d'abord numérisés (ou transcodés) sur deux disques compacts hybrides destinés à la conservation, et comprenant l'enregistrement au format CD (non compressé) ainsi que des métadonnées documentaires[2]. Pour la mise en ligne, les contenus audio sont compressés[3] et leurs métadonnées injectées dans les bases servant à les référencer.
· Un accès simple et intégré à tous les éléments du système documentaire – notices, textes, enregistrements, films, cédéroms, bases de données[4]... – et permettant de passer facilement d'un élément à un autre qui lui correspond. Le choix s'est porté sur les technologies du Web, avec pour corrélat une ouverture aussi grande que possible de ce système en interne dans la Médiathèque et sur l'Internet, tout en garantissant le respect des conditions d'accès aux contenus. Elles sont complétées par des interfaces intuitives de consultation du multimédia et spécialisées pour la musique, telles un lecteur de disques compacts virtuel affichant la structure des œuvres.
· La sécurisation des postes de consultation et des contenus numérisés. Le premier de ces objectifs a été atteint par le développement d'une version " poste public " du navigateur, n'offrant que des possibilités de navigation contrôlée, autant sur le site que vers l'Internet, et ne permettant pas d'enregistrer, d'envoyer ou de traiter autrement quelque document que ce soit. L'accès aux contenus eux-mêmes est strictement régi.
La disponibilité de ces fonds numérisés a facilité la réalisation de documents dérivés, tels que des analyses musicologiques hypermédias intégrant texte et extraits d'archives, des objets multimédia présentant une œuvre sous forme de l'écoute d'un enregistrement de concert synchronisé au suivi de sa partition et enrichi de documentation complémentaire (par exemple : un enregistrement du compositeur parlant de la genèse de son œuvre), des sites Web pédagogiques, etc.
La mise en œuvre initiale de ce dispositif, sa maintenance et son évolution, ainsi que la réalisation de la chaîne de numérisation requièrent de nombreuses compétences, métiers pour la plupart présents à l'Ircam de par la nature même de l'institut : informatique, bibliothéconomie, ingénierie du son, droit (externe à l'Ircam)...
Cette activité nécessite une veille constante sur les normes et les protocoles documentaires et multimédia dans le domaine des NTIC et plus particulièrement dans celui des bibliothèques musicales numériques, et permet de tester leur adéquation pour l'évolution du système et de ses diverses composantes, de la qualité des contenus et des services d'accès : nouvelles normes de métadonnées[5], nouveaux codages de contenus6,[6] systèmes documentaires intégrant les fonctions bibliothéconomique et documentaire, combinant des métadonnées de nature différente, permettant de gérer des documents primaires, secondaires et tertiaires, d'y effectuer des recherches par contenus, de les réutiliser et les annoter, offrant une meilleure interopérabilité[7] avec d'autres systèmes distants, etc.
Ces activités ont trouvé leur aboutissement dans l'organisation de la troisième édition de la conférence internationale ISMIR (International Conference on Music Information Retrieval) consacrée à la recherche d'informations musicales – domaine pluridisciplinaire par excellence – qui se tiendra à Paris en octobre 2002[8].
[1] 626 dans Unimarc 2, puis 856 dans la version suivante.
[2] Le format des métadonnées, inventé en 1995, est propriétaire, et décrit non seulement le contenu, mais les éléments d'archive (bande d'origine, techniciens ayant fait l'enregistrement, la numérisation...).
[3] Au format MPEG-1 Layer 2, 384 Kb/s. Ce mode a été choisi à la suite de tests perceptifs comparatifs sur un échantillon des œuvres à compresser.
[4] Notamment une base de données documentaires sur les compositeurs contemporains et leurs œuvres. L’impossibilité de réaliser à l’époque (autant pour des raisons de temps que de budget) une base unique intégrant les aspects bibliothéconomiques et documentaires, a été palliée par leur intégration au niveau de l’interface Web.
[5] Intégration de modèles hiérarchiques et orientés objet basés sur les FRBR ; schémas intermédiaires entre MARC et Dublin Core tel MODS ; indexation automatique en MPEG-7…
[7] Utilisation des développements de type OAI (Open Archive Initiative) ; ZING (Z39.50 International Next Generation)… ; des systèmes de diffusion de contenus tels que Wedelmusic ; des concepts et outils de Web sémantique ; etc.
[8] Les inscriptions sont en cours. Pour plus d’informations, consultez le site Web http://ismir2002.ircam.fr/