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Archivage numérique des sons

Jean-Claude Risset

Rapport Ircam 23/79, 1979
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Sommaire

Introduction : position du problème
I. Mise en oeuvre d'un système d'enregistrement numérique des sons à l'IRCAM
II. Recherches sur de nouveaux principes de codage
III. Possibilités, problèmes et perspectives de l'enregistrement numérique des sons
Conclusion
Figures (et légendes)
Références

Introduction : position du problème

La musique électroacoustique pose de façon cruciale le problème de l'archivage des sons. Depuis Imaginary Landscape n°1, de
John Cage (1939), de nombreuses oeuvres musicales n'existent que sous forme d'enregistrement. Or les techniques analogiques d'enregistrement sont imparfaites, et la qualité des enregistrements se détériore inexorablement au cours du temps : on peut donc à terme craindre la ruine de nombreuses oeuvres de musique électronique et pour ordinateur.

Or les techniques de codage numérique permettent dans certaines conditions de protéger les signaux contre le bruit et la distorsion. On peut représenter les sons sous forme de nombres codés -- cette représentation, qui permet la synthèse des sons par ordinateur, se présente aussi à l'enregistrement numérique des sons. Aussi avons-nous proposé en janvier 1975 que l'IRCAM étudie les possibilités musicales de l'archivage numérique des sons, c'est-à-dire de l'enregistrement et de la conservation des sons sous forme de nombres codés. Cette étude a été financée dans le cadre de l'enveloppe recherche sur les exercices 1976 et 1977.

La recherche proposée visait d'abord à mettre en oeuvre un système d'enregistrement et d'archivage numérique des sons, mais aussi à préciser les spécifications minimales nécessaires pour assurer une haute qualité musicale, et enfin à étudier des méthodes pouvant permettre une économie de codage.

Ce rapport final expose les travaux effectués. Il décrit d'abord le système d'enregistrement numérique mis en place à l'IRCAM et ses performances, qui dépassent les possibilités de l'enregistrement analogique. Chemin faisant il spécifie les spécifications minimales qui ont été jugées nécessaires, et il précise les procédés qui ont permis d'atteindre ces spécifications dans la réalisation de l'IRCAM (réalisation qui va être commercialisée sous licence IRCAM). Puis il expose une nouvelle méthode de codage étudiée dans le cadre du projet et qui permet une économie appréciable de données. Il conclut sur une discussion des possibilités pratiques, des problèmes et des perspectives de l'enregistrement et de l'archivage numérique, qu'il s'agisse de la réalisation IRCAM ou de diverses réalisations industrielles qui ont vu le jour a peu près simultanément.

Ce rapport final peut paraître tardif pour un projet budgétairement terminé comme prévu le 31 décembre 1977 : comme il avait été précisé lors des Comités de Recherche des 21 avril et 18 mai 1977 (cf. le procès-verbal), l'IRCAM a souhaité ne « boucler » le projet qu'une fois les tests effectués dans le nouveau bâtiment IRCAM, en utilisant les circuits définitifs et les studios d'enregistrement. L'ordinateur a été transféré dans le nouveau bâtiment IRCAM en octobre 1977 ; la mise en oeuvre des studios est intervenue plus tard que prévu ainsi que celle des circuits définitifs. Nous avons pu mesurer les performances du système, et en particulier les produits de distorsion, réduits à moins de 90 dB au-dessous du niveau du signal (cette performance mesurée entre entrée analogique et sortie analogique après passage par le système d'archivage).

L'auteur de ce rapport, responsable du projet D.G.R.S.T. sur l'archivage numérique des sons, insiste sur le travail scientifique et technique accompli principalement par David Cockerell et Andy Moorer durant leur séjour à l'IRCAM, ainsi que par Tim Orr, Design Consultant, et aussi par divers collaborateurs de l'IRCAM, principalement Max Mathews, James Lawson, Peter Eastty, Jean-Louis Richer, Didier Roncin, et également Brian Harvey, Raymond Bara.

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